La Gironde au cœur d’un programme de sauvegarde des écrevisses

Un programme aquitain

Le programme aquitain de sauvegarde des Écrevisses à pattes blanches a débuté en mai 2012, sous le pilotage de la DREAL Aquitaine et porté par l’ARFA, l’Association regroupant les 5 Fédérations Départementales de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique (FDAAPPMA) d’Aquitaine. L’élaboration, l’animation et la coordination du Plan Régional d’Actions en faveur de l’espèce ont été confiées à la Fédération de Gironde (FDAAPPMA 33).
Ce plan cible cette espèce emblématique d’eau douce en forte régression en France et plus largement en Europe. Il s’organise autour de 3 domaines d’actions :

  • l’amélioration des connaissances sur la répartition des écrevisses, leurs habitats
  • la sauvegarde au travers la mise en évidence d’actions de gestion des populations, de restauration des milieux
  • la sensibilisation des acteurs régionaux et du grand public

Focus sur la Gironde

Depuis 2013, des campagnes d’inventaires par prospection nocturne à la lampe torche sont réalisées le long des cours d’eau girondins afin de confirmer des données historiques de présence d’Écrevisses à pattes blanches ou d’en obtenir de nouvelles sur des secteurs jamais inventoriés. 18 contextes piscicoles (tels que définis dans le Plan Départemental de Gestion Piscicole de la Fédération) ont ainsi été inventoriés depuis le début et 5 supplémentaires sont prévus en 2015.

suivi ecrevisse ecrevisse a pattes blanches

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Une base de données appelée AST’AQUITAINE (Astacus signifie écrevisse en latin ce qui explique le nom donné à cet outil dédié à toute la Région) a été créée et centralise toutes les informations sur la localisation d’écrevisses indigènes mais aussi exotiques qui sont en partie responsables de la régression des espèces naturellement présentes en France. Consultez les données grâce à l’outil de visualisation sur http://sauvegarde-ecrevisses-aquitaine.com/astaquitaine/

La FDAAPPMA 33 s’est également impliquée dans une étude innovante menée en partenariat avec le laboratoire SPYGEN basé en Savoie, pour mettre en évidence la présence de l’Écrevisse à pattes blanches grâce à la détection de son ADN dans l’eau. Différentes méthodes ont été testées sur 3 cours d’eau : la filtration d’eau, les prélèvements de sédiments et la pose de 2 types de caches-abris (systèmes reproduisant les conditions nécessaires pour que les écrevisses viennent s’abriter).

ADN

Les résultats ont montré que la technique qui fonctionnait le mieux était la filtration d’eau. Grâce à un appareil (Vampire Sampler) l’eau est prélevée et passe à travers un filtre. Ce dernier est ensuite analysé en laboratoire afin de voir si des fragments d’ADN d’écrevisses sont présents.
Ainsi 10 cours d’eau ont été analysés par cette méthode qui doit cependant être affinée afin de pouvoir être utilisée en routine. En 2015, l’étude va se poursuivre. La filtration sera réalisée sur les mêmes cours d’eau mais à différentes périodes de l’année afin de voir si certaines sont plus propices à la détection de l’ADN en raison d’une plus grande quantité libérée dans le milieu aquatique.
Il sera peut-être bientôt possible de savoir si certains cours d’eau abritent encore des écrevisses, juste avec de l’eau, à l’aide d’une méthode plus simple à mettre en œuvre que les prospections nocturnes, nécessitant moins de temps et sans danger pour l’espèce.

Un travail avec le laboratoire Ecologie et Biologie des Interactions de l’Université de Poitiers a été lancé en 2014 afin de localiser les populations d’écrevisses exotiques porteuses de « la peste », une maladie mortelle pour les écrevisses européennes comme l’Écrevisse à pattes blanches mais sans danger pour les autres espèces aquatiques ou pour l’homme.

ecrevisse de louisianeDes prélèvements d’Écrevisse de Louisiane (ou Écrevisse rouge des marais) ont été réalisés par la FDAAPPMA 33 sur quelques cours d’eau girondins au cours des inventaires piscicoles et envoyé au laboratoire. Cette étude se poursuivra à plus grande échelle en 2015, en partenariat avec les acteurs locaux de terrain, le but étant d’avoir une cartographie des secteurs infestées et de pouvoir cibler les secteurs à enjeux pour l’Écrevisse à pattes blanches.

Le Plan d’Actions Aquitain a également mis en évidence l’importance de sensibiliser le grand public et les acteurs de l’environnement sur la régression de l’Écrevisse à pattes blanches et ses principales causes.
Des réunions de sensibilisation ont été organisées en Gironde, afin de présenter le programme, son avancée, les actions envisagées pour l’année suivante. Une soixantaine de personnes ont ainsi participé à ces rencontres menées fin 2014.

graphiqueSensibilisation des acteurs girondins – Publics touchés

Un outil pédagogique a été élaboré en 2014, et des animations seront faites en 2015. Après Roger le Brochet, Camille l’Anguille, la Fédération de la Gironde a développé Gladys l’Écrevisse pour sensibiliser le jeune public à travers un conte, un quizz, des jeux sur la reconnaissance des écrevisses, le cycle de vie, les menaces. Trois tranches d’âge sont ainsi ciblées (3/7ans, 7/12ans et plus de 12ans).

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Pour en savoir plus sur ce programme (les objectifs et les actions du programme, la présentation de l’espèce , les menaces…) :

www.sauvegarde-ecrevisses-aquitaine.com.

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  • télécharger nos plaquettes d’informations sur le Programme, la reconnaissance des différentes espèces d’écrevisse, la réglementation sur les écrevisses exotiques en France et les règles sanitaires relatives à l’Écrevisse à pattes blanches. (avec lien direct vers page sur les plaquettes)…

 plaquettes

Rédigé par : Isabelle SIMME, Responsable du Programme Aquitain de Sauvegarde de l’Écrevisse à pattes blanches, Fédération Départementale de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique de Gironde