Les milieux forestiers

Source : article issu du Profil environnemental de la Gironde – Tome 1 : Diagnostic départemental – Milieux naturels et biodiversité – Révision 2013, Direction départementale des territoires et de la mer de Gironde, Atelier BKM.

8_pin_de_dunaire_GEREALa Gironde est au deuxième rang des départements français après celui des Landes pour la superficie boisée qui s’étend sur 4 800 km2 (source : Inventaire Forestier National, 1999). La Gironde, avec un taux de boisement de 47,6%, fait partie des départements les plus boisés de France (4ème rang métropolitain), alors que la moyenne nationale est de 29% (source : IFN). Cette forêt est privée à 93,3%. Les formations boisées de production couvrent en Gironde 96,4% des formations boisées. Le peuplement dominant est la futaie régulière de Pin maritime (76,3% de la surface).
La forêt de pins maritimes est le type de peuplement dominant, notamment dans les landes girondines qui font partie intégrante du plateau landais, le plus grand massif forestier européen.
Constituée au 19ième siècle sur de vastes landes humides peu pourvues en arbres, cette forêt occupe une bonne moitié sud-ouest du département de la Gironde. Le pin maritime se trouve aussi sur les marges nord-est du département, dans les Doubles saintongeaise et périgourdine.
La pinède est une forêt d’exploitation, à vocation d’abord économique, d’où l’alternance de parcelles à différents stades de production (de la coupe rase aux pins « mûrs »). Le Pin maritime, omniprésent, est parfois accompagné en sous-étage de chênes (tauzin, pédonculé ou liège). Le sous-bois présente un aspect de lande dont la composition dépend de l’humidité du sol.
La forêt de pins des Landes de Gascogne est un milieu largement artificiel, dont la relative monotonie est localement interrompue par des types d’écosystèmes liés à l’eau, les lagunes et les cours d’eau.
Elle est marquée par la persistance, jusqu’à une époque récente, de conditions d’humidité des sols héritées du temps où ce territoire était en lande rase. Les conditions sont toujours favorables à la présence d’un certain nombre d’espèces en effectifs importants ici alors qu’elles sont rares ailleurs, comme le Rossolis à feuilles intermédiaires, le Fadet des Laîches, l’Engoulevent d’Europe.
Cet ensemble forestier est un système fragile. Pour le préserver des incendies, des tempêtes, et des maladies, il faut un entretien et une surveillance constants.
De façon générale, la richesse écologique de ces forêts est liée :
– au caractère continu, encore peu fragmenté, de ces grands massifs, et dont l’étendue dépasse les limites départementales,
– à la présence de milieux associés (lagunes, tourbières, forêts-galeries des cours d’eau) qui renforce la richesse et la fonctionnalité de ces écosystèmes,
– à l’étendue des landes humides accueillant un certain nombre d’espèces spécialisées (voir ci-dessus).
Le plateau de l’ « Entre-Deux-Mers » se distingue par son morcellement et son peuplement à dominante feuillue. Il s’agit d’une forêt relictuelle souvenir d’une forêt qui couvrait l’ensemble du plateau au Moyen-Age. La forêt s’est maintenue sur les sols les plus ingrats, à la périphérie des zones d’activités humaines.
Il s’agit d’une forêt associée aux exploitations agricoles avec une structure dominante de type mélange futaie et taillis. Les essences principales sont le chêne pédonculé, pur ou en mélange avec le pin maritime, le chêne pubescent, le châtaignier, le charme et le tremble. Des parcelles de peupliers se rencontrent un peu partout dans les multiples petites vallées des affluents de la Garonne et de la Dordogne.
Ces boisements constituent les principaux réservoirs biologiques de cette petite région naturelle. Ils accueillent une population riche en mammifères, oiseaux forestiers (dont de nombreux rapaces), et insectes, notamment les espèces spécialisées dans la dégradation du bois mort.

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