Les milieux marins et estuariens

Source : article issu du Profil environnemental de la Gironde – Tome 1 : Diagnostic départemental – Milieux naturels et biodiversité – Révision 2013, Direction départementale des territoires et de la mer de Gironde, Atelier BKM.

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Du fait de sa position géographique, le département de la Gironde est soumis aux influences maritimes, atlantiques et ibériques, mais aussi sub-méditerranéennes et continentales, à l’origine d’une grande diversité des milieux et des habitats naturels.
Le golfe de Gascogne constitue une zone de transition entre les eaux tempérées froides boréales et les eaux tempérées chaudes de la péninsule ibérique, ce qui génère un foisonnement de vie maritime exploitée par diverses espèces piscicoles et par de nombreuses espèces d’oiseaux marins (Puffin cendré, Pétrel tempête, Fou de Bassan, Pingouin torda…), dont beaucoup d’hivernants. Le golfe de Gasgogne est un des hauts-lieux de l’observation des mammifères marins. Près d’une trentaine d’espèces y sont recensées, tels le Dauphin commun, le Grand Dauphin, le Globicéphale noir…
Les côtes sont aussi régulièrement fréquentées par des tortues marines (Tortue caouanne, Tortue luth). Le panache de l’estuaire offre quant à lui des milieux indispensables au développement de nombreuses espèces amphihalines, dont l’Esturgeon européen.

L’estuaire de la Gironde, long de 75 kilomètres et large de 12 kilomètres à son embouchure est le plus vaste d’Europe occidentale, couvrant une superficie de 635 km².
Caractérisé par une diversité biologique très élevée, avec notamment près de 75 espèces de poissons recensées, cet estuaire est le seul hydrosystème accueillant tout le cortège de poissons migrateurs amphihalins; c’est notamment l’unique site de passage de l’Esturgeon sauvage européen (Acipenser sturio). La ressource halieutique de l’estuaire constitue donc un patrimoine remarquable à conserver.
Toutefois, le suivi des captures montre des évolutions défavorables, notamment un effondrement des stocks d’anguilles et des évolutions inquiétantes des populations d’aloses.
L’Estuaire de la Gironde est par ailleurs occupé par plusieurs îles, fruit de la richesse en limon des eaux. Sur les hauts fonds, les alluvions apportées par la Garonne et la Gironde se déposent et créent des «vasards» ou îles non endiguées. Progressivement, ces bancs s’atterrissent et la végétation en se développant forment de véritables pièges à sédiments; l’élévation du niveau du sol des îles permet enfin aux arbres de se développer. Endiguées pour être cultivées, elles sont aujourd’hui au centre de projets de mise en valeur et de reconquête environnementale, touristique et agricole, menés par le Conseil général, le Conservatoire du Littoral, ainsi que des intervenants privés.

Le Bassin d’Arcachon est une vaste lagune semi fermée, à salinité variable découvrant de grandes surfaces de vasières. Il possède le plus grand herbier à Zostères d’Europe et une mosaïque de différents types d’habitats dont une grande superficie de prés salés. Le schorre est ainsi le deuxième de France après celui de la baie du Mont Saint-Michel du point de vue de la richesse floristique spécifique.
Les herbiers jouent un rôle important dans les cycles de nutriments : ils offrent une zone d’abris, de repos, de nourricerie, de refuge pour l’avifaune marine et l’ichtyofaune , et ils participent à l’oxygénation de la lagune.
Le Bassin d’Arcachon abrite des poissons migrateurs pour une grande partie de leur cycle biologique, tandis que l’embouchure du bassin, couverte de sédiments sableux, est un habitat important pour plusieurs espèces de poissons benthiques. Au cours des dernières années, la Tortue caouanne et la Tortue de Kemp ont été régulièrement observées à l’intérieur du bassin.
Enfin, le Bassin d’Arcachon revêt une importance internationale pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau : il se situe sur un des trajets de migration les plus empruntés par les oiseaux et constitue une étape plus ou moins longue pour les migrateurs. C’est aussi un lieu d’hivernage et de reproduction pour de nombreuses espèces. Ainsi, le bassin abrite 63% de l’effectif régional moyen des anatidés et foulques macroules hivernants ou 56% de l’effectif national hivernant de Bernache cravant.

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